C.E.R.F. de Grésigne

Collectif d'Entraide des Riverains de la Forêt de Grésigne
DE LA CHASSE À COURRE AU CERF ET DU RESPECT DES RIVERAINS

De bonnes nouvelles en provenance de la justice

Nous avons pu prendre connaissance ces jours-ci de l’arrêt du 22 janvier 2013 de la Cour d’appel de Caen, première chambre civile, confirmant dans toutes ces dispositions la décision déférée dans l’affaire opposant Mme Dourdin, propriétaire à Juvigny sous Andaine (Orne), à Mr Vuitton, Président de l’équipage de la Roirie. Cet arrêt condamne M. Patrick Louis VUITTON et M. Jean Michel MASSON (agissant en son nom personnel et en qualité d’héritier de son père décédé qui était piqueux), aux frais d’appel ainsi qu’au paiement d’une nouvelle indemnité de 1500 euros, au titre de l’article 700 du Code de procédure civile, maintenant la première décision du Tribunal de Grande Instance d’Argentan (novembre 2009) de ne pas pénétrer ou laisser pénétrer toute personne ou animal dépendant de l’équipage (de chasse à courre) de la Roirie, sous astreinte de 5000 euros par infraction régulièrement constatée.

La décision du Tribunal de Grande Instance d’Argentan fut celle du Juge des Référés, qui interdisait donc à l’équipage – veneurs et chiens de meute - de pénétrer sur la propriété des Dourdin sous astreinte, c’est-à-dire sous peine d’amende de 5000E reconductible chaque fois que l’équipage enfreindrait cette interdiction.

C’est dans l'espoir de faire annuler ce jugement que Mr Vuitton faisait appel ; or c’est ce jugement que la Cour d’Appel de Caen vient au contraire de confirmer, avec une sévérité supplémentaire.

Le Tribunal de police de Domfront avait déjà, suite à des intrusions enregistrées en 2008, prononcé une condamnation pénale contre Mr Vuitton et son maître-chien pour chasse sur autrui chez Mme Dourdin.

Le Juge des Référés saisi par la suite n’avait pas besoin de se prononcer sur le fond pour agir vite et en quelque sorte compléter cette condamnation. Mais la Cour d’appel a reconsidéré sur le plan civil les mêmes faits et arguments établis lors de ces précédentes audiences: atteinte à la libre jouissance de la propriété par des intrusions répétées de l’équipage sur la propriété des Dourdin occasionnant troubles, dommages et nuisances notoires, aucun rappel des chiens pour faire cesser la poursuite, invocation fallacieuse de « simples troubles de voisinage » ou d’ « excuse de suite » (ce dernier argument apparemment soutenu par de hauts fonctionnaires dont l’avis fut transmis).

Une singulière parenté avec des faits et conduites de défense chez les veneurs, que nous avons bien connus ici en Grésigne.

Il importe surtout de remarquer que cette confirmation en appel du jugement rendu par le Juge des Référés honore sa décision comme prévention contre tout risque éventuel de récidive, en relevant notamment que c’est parce que le Juge des Référés a prononcé une injonction sous astreinte que les troubles ont cessé d’être créés et que les dommages imminents ne sont pas advenus depuis. Les veneurs invoquaient au contraire que, nul incident n’étant survenu depuis, l’astreinte était désormais infondée.

Situation là encore tout à fait comparable à l’effet protecteur de l’arrêté préfectoral pris en 2007 par le préfet d’Albi et toujours en vigueur, suite aux accidents survenus en bordure de la forêt de Grésigne.

Concernant précisément ces accidents tout proches auxquels nous avons eu souci de mettre fin en Grésigne, et suite à la condamnation en avril 2012 par la Chambre correctionnelle d'Albi des veneurs de l’équipage de Grésigne (son ancien Président M. H. Baysset, et les 2 piqueux Mrs Lagarrigue et Pinel) pour mise en danger d’autrui , nous avons reçu il y a peu confirmation que les 2 inculpés restants (M. H. Baysset étant décédé depuis) ont renoncé à faire appel.

Les deux décisions des tribunaux de Caen et d’Albi pourraient donc bien désormais faire jurisprudence. Enfin !

La Dépêche du Midi Grand SUD - Accident de chasse à Larroque : des Veneurs condamnés - 27.04.2012

Cinq ans après avoir vu un cerf pourchassé se réfugier dans leur salon, où il a été achevé le 3 novembre 2007, les riverains des Abriols à Larroque ont remporté une victoire, hier.

Le tribunal correctionnel d'Albi a reconnu « coupables de mise en danger de la vie d'autrui » Henri-Louis Baysset, 77 ans, président de l'Équipage de Grésigne à l'époque des faits, ainsi que Nicolas Pinel et Jérôme Lagarrigue, deux de ses veneurs. Les trois hommes sont condamnés au retrait de leur permis de chasse et à l'interdiction d'en solliciter un nouveau avant un an. Ils sont reconnus « responsables du préjudice ». Chacun d'eux devra payer 1 000 € au titre des frais aux victimes. Une nouvelle audience est fixée au 10 septembre 2012 à 10 heures, pour ce qui est des intérêts civils. Les poursuites portaient aussi sur une première affaire, remontant au 11 février 2006. Un cerf avait fini dans la buanderie de la même famille. Pierre et Patricia Rossard avaient été très choqués, ainsi que leurs deux enfants et celui d'une amie.

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"Première en France"

A la sortie de la salle d'audience, Henri-Louis Baysset a annoncé qu'il fera « évidemment appel. Pour qu'il y ait mise en danger de la vie d'autrui au plan juridique, il faut un article de loi. Or en l'espèce, il y en a aucun. L'avocat des plaignants dit que le cahier des charges de l'Office National des Forêts (ONF) a force de loi, mais ce n'est pas le cas. J'ai regardé les statistiques de l'ONF sur 10 ans et j'ai 40 ans de chasse à courre derrière moi. Il n'y a pas eu un accident. Je ne dis pas qu'il n'y a pas eu un préjudice pour ces gens qui n'y sont pour rien, ne serait-ce que leur avoir fait peur, mais il n'y a rien de répréhensible au regard de la loi. Les veneurs ont fait ce qu'ils ont pu pour éviter ces incidents. Nous ne sommes pas dans une région de vénerie. Si cela avait été le cas, le jugement aurait été différent. »

Le jugement ravit en revanche Me Bernard Viguié, avocat toulousain des Rossard : « Même si la condamnation est peu importante, ce n'est pas le problème, ce n'est pas ce qu'on recherchait, l'essentiel, c'est que les chasseurs soient reconnus coupables. C'est une question de principe. Pour la première fois en France, le tribunal correctionnel a retenu le délit de mise en danger de la vie d'autrui. Il y avait déjà eu des jugements en ce sens pour la chasse à tir, mais jamais pour ce qui est de la chasse à courre. J'étais sûr qu'il y avait des fautes caractérisées, mais ce qui était difficile juridiquement, c'est que ce cas de figure n'avait jamais existé. Il n'y avait pas de jurisprudence sur laquelle nous appuyer. Ce sera désormais le cas. »

TRIBUNAL CORRECTIONNEL D’ALBI : 8 mars 2012

Esprit, es-tu là?

Jeudi 8 mars, au Tribunal Correctionnel d’Albi, comparaissaient deux veneurs masters (ou piqueux) de l’équipage de Grésigne, MM. Lagarrigue et Pinel, ainsi que le Maître de l’équipage M. Baysset Henri, poursuivis pour mise en danger d’autrui suite à une violation manifeste et délibérée d’une obligation particulière de sécurité.

Cette comparution se rapporte aux 2 accidents graves de chasse à courre au cerf survenus en février 2006 et novembre 2007 au domicile de la famille Rossard, aux Abriols commune de Larroque, lors desquels MM. Pinel et Lagarrigue étaient respectivement les masters responsables de la conduite de la chasse. Pour les faits de 2007, M. Lagarrigue avait déjà été condamné en 2008 par le Tribunal de police de Gaillac pour une contravention de chasse sur autrui, jugement confirmé en 2009 par la Cour d’appel de Toulouse. Toutefois le délit de mise en danger d’autrui invoqué dès 2008 par l’avocat des parties civiles devant le tribunal de police n’avait pu être jugé par ce dernier, incompétent pour ce faire. Concernant ce délit caractérisé d’après l’avocat des parties civiles en 2006 comme en 2007 et à imputer la première année à MM. Baysset et Pinel et la seconde à MM. Baysset et Lagarrigue, après divers incidents de procédure, le Procureur Général près la Cour d’appel de Toulouse a demandé à cette dernière de dire qu’il y avait lieu d’instruire sur le délit de mise en danger d’autrui. La Chambre de l’Instruction a suivi le Parquet général et finalement, les prévenus ont été renvoyés le 8 mars dernier devant le tribunal correctionnel pour le délit de mise en danger d’autrui.

La bataille juridique fut soutenue là encore, car c’est une affaire déjà ancienne et il faut y insister, à l’appui de présupposés que nous relevions déjà lors des débats en Cour d’appel. Ces présupposés affleurent constamment dans les plaidoiries, sans jamais vraiment faire l’objet d’un traitement juridique qui donnerait matière au juge pour trancher, et pour cause : la question est politique, entendons par là qu’elle est d’abord l’affaire des législateurs et de ce que nous nommions « l’esprit des lois ».

L’un de ces présupposés, le plus litigieux sur le terrain comme dans les textes (si peu nombreux) encadrant la pratique de cette chasse, demeure constant et fut rappelé par l’un des deux avocats de la défense : rien n’est interdit aux équipages de chasse à courre, sinon tout de même de chasser sur les propriétés où on leur interdit de le faire (il était difficile de démentir ce qui fut heureusement, mais presque pour la première fois en France, confirmé avec force lors du premier procès de Gaillac).

Longtemps il fut entendu que les équipages avaient le droit de poursuivre hors du domaine d’adjudication (le plus souvent la forêt domaniale) sur les territoires autorisés, et sur les propriétés non-autorisées, où il leur est en revanche et par conséquent interdit de chasser, l’interdiction comptait souvent pour du beurre. Plus exactement, pour désigner la propriété des Rossard, victimes donc par 2 fois de ces accidents, le mot prononcé à Albi fut celui de « confetti ». Un confetti de 5000m2, on ne met guère que quelques secondes à le traverser ; on ne peut donc faire que « passer », quand on prétend pouvoir chasser sur un territoire global autorisé de 8500ha, sachant que, seule donnée assurée, la forêt de Grésigne ne couvre elle-même que 3500ha (les 8500ha proclamés par les veneurs sans jamais en avoir produit la moindre attestation, variant au gré des audiences, tantôt plus tantôt moins: au Tribunal de Police de Gaillac on annonçait une superficie globale de 7500ha, à la Cour d’appel de Toulouse 10 000ha, la réalité étant très probablement une surface bien moindre et de plus très morcelée). D’une juridiction à l’autre, la superficie déclarée autorisée varie donc selon des estimations qui la rendent infiniment douteuse, mais l’argument, lui, demeure comme le point aveugle du débat.

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Habiter un confetti, c’est donc un comportement carnavalesque, une obstination à résider là où on ne devrait pas, ce n’est pas sérieux. Ce qui est sérieux, dans ce vieux style de défense, c’est de disposer prétendument d’un territoire de chasse très étendu (dont la forêt ne représente plus que la moitié ou un tiers selon les estimations inconséquentes des défenseurs), signe que presque partout les veneurs seraient les bienvenus, sauf auprès de quelques rares habitants hostiles refusant la chasse à courre chez eux, exceptions négligeables et si discordantes avec la tonalité générale du bon accueil réservé partout ailleurs à l’équipage.

On voulait croire que cet « esprit » qui préside aux arguments de la défense est désormais obsolète ; il l’est de fait mais on ne peut s’étonner de le retrouver comme le fantôme de l’opéra, rôdant sur la scène où les avocats voulaient pourtant soigneusement faire le ménage. Il est obsolète parce que plusieurs bémols résonnent dans cette mélodie d’antan : le maire de Penne a pour la seconde année consécutive pris un arrêté municipal interdisant la chasse à courre sur une grande partie de sa commune ; l’arrêté préfectoral de 2007 interdisant à l’équipage de sortir sur les 3 communes de Larroque, Puyselci et Castelnau de Montmirail reste en vigueur (malgré trois vaines tentatives de veneurs ou sympathisants pour le faire annuler) ; notre association C.E.R.F. de Grésigne a transmis l’an passé à l’ONF une pétition signée d’un nombre conséquent de propriétaires interdisant la chasse à courre chez eux (pour l’instant sur un total de 1500ha), et déclarant qu’il ne manqueraient pas de poursuivre en responsabilité l’Office en cas de nouveau débordement.

Mais surtout, surtout, ce qui rend cet esprit obsolète, ces sont les mesures récentes prises par le nouveau Président et Maître d’équipage, M. Rémy Baysset, pour ordonner au nouveau maître-chien de rappeler les chiens dès que l’animal sort de la forêt, mesures dont il a eu le souci de s’entretenir avec nous, riverains, très courtoisement.

Signe que, localement du moins, ces sorties régulières hors de la forêt, hors de son domaine d’adjudication, ne seraient plus du tout à l’ordre du jour à l’heure qu’il est, car le danger réel a enfin été, sur le terrain, reconnu par des responsables d’équipage plus lucides.

On ne peut que regretter évidemment que cette donnée nouvelle, incontournable, n’ait pas éclairé plus que cela les débats lors de cette dernière séance au Tribunal. Tout ce qui constituait l’irresponsabilité flagrante d’hier – « faisons en sorte que ça se passe sans trop d’incidents, … à l’impossible nul n’est tenu, … nul ne peut maîtriser la course d’un animal sauvage,… les accidents de chasse c’est regrettable mais ça arrive… », tout cela fut répété une fois de plus, mais nous voulons considérer cet « esprit » comme un fait ancien dont nous souhaiterions enfin célébrer la fin. Le procureur sut pour cela trouver les mots justes: « il n’y a pas d’éthique de la fatalité, il ne peut y avoir qu’une éthique de la responsabilité ».

Ces aberrations d’hier ne sont plus en effet d’actualité, et nous ne pouvons que nous en réjouir pour tous les riverains, randonneurs et usagers de la forêt. Il se peut malgré tout que ces bémols que nous voulons faire entendre restent en travers de la gorge de quelques uns, on les comprend. Le nouveau Président d’équipage, suite aux mesures qu’il a prises dès le début de cette saison, fait la preuve qu’un maître-chien compétent et responsable peut parfaitement contrôler sa meute et rompre les chiens à temps s’il le faut ; et s’il reste 5, 7 ou 9 chiens errants qui n’ont pas obtempéré au rappel, il n’est guère difficile de les récupérer sans qu’il constituent alors un danger pour le voisinage. Il ne viendra à l’idée d’aucun riverain de confondre des chiens errants avec une moitié de meute ou la meute toute entière poursuivant le cerf au dehors de la forêt. frag

L’un des avocats de la défense invoquait encore l’importance de prendre en compte les techniques de cette chasse particulière, et il avait raison ; mais c’était pour nous prouver montre en main que d’une propriété autorisée à une autre, voisine, non-autorisée, il ne suffisait que de 3 minutes au cerf, à la meute, aux cavaliers, pour passer. Et 3 minutes, comme c’est vite passé ! Comment voulez-vous rompre les chiens en si peu de temps ? Or ces questions sont le piège dans lequel fut enfermé le débat depuis des années, puisqu’elles raisonnent à l’intérieur du fait accompli, irréparable, des « sorties hors de la forêt lors desquelles on ne peut pas tout maîtriser…ni la densité du brouillard, ni les accidents inattendus du terrain… ». Encore une fois, on nous fournit pourtant la preuve cette saison que rompre les chiens dès que le cerf sort de la forêt, soit avant qu’il ne soit trop tard, c’est possible, que cette technique est éprouvée et solide dès lors qu’on chasse dans cet esprit-là et armé de cette compétence.

La difficulté est que ces présupposés, ceux-ci bien réels et très importants - techniques et territoires de chasse, n’accèdent pas au rang d’arguments décisifs au sein du litige énoncé devant les tribunaux; ils disparaissent derrière la querelle, par ailleurs tout à fait légitime, concernant la fameuse obligation règlementaire et particulière de sécurité. Du moins ne trouvent-ils pas dans le langage juridique leur traduction évidente, telle que l’évidence sensible des faits devrait la motiver. Querelle légitime pourtant car il s’agit bien, du point de vue du droit, de vérifier si, oui ou non, cette obligation de sécurité figure dans un texte de loi ou règlement en vigueur contraignant les équipages à la respecter.

Sur ce point majeur, mais que nous tenions à n’évoquer que maintenant, une fois mesurée toute l’importance de la pratique réelle de cette chasse et des faits occasionnés, nous attendrons patiemment la sentence du Tribunal correctionnel (délibéré rendu le 26 avril prochain). Notons toutefois que pour nous, l’avancée décisive réside déjà dans le fait que tant au sein de l’équipage désormais, que chez les élus et autorités administratives, il s’agit de tourner la page de cette triste histoire avec le meilleur élan possible et le souci de prendre en compte désormais la sécurité des riverains, plus généralement du “public”. Le meilleur moyen n’est-il pas qu’un esprit nouveau souffle sur une nouvelle entente entre veneurs et riverains, grâce à cette obligation de sécurité si simple et si évidente pour toute personne de bon sens à inscrire dans un texte (bien au-delà de la contrainte preventive que représente toujours, fort heureusement, l’arrêté préfectoral): les équipages de chasse à courre ont obligation de rappeler les chiens dès que l’animal poursuivi sort du domaine de l’adjudication, ici en l’occurrence la forêt de Grésigne.

Autrement dit: la chasse à courre, comme toutes les autres chasses, est bien une pratique légale reconnue, par nous-mêmes notamment, mais qui doit être rigoureusement encadrée.

Gageons que nous sommes sur la bonne voie.

TOULOUSE, 2 décembre 2011: le Tribunal Administratif a rendu son jugement

Rappel des faits.

Le 3 novembre 2007, un an et demi après un accident du même genre survenu au même endroit, un second accident grave de chasse à courre avait lieu chez des habitants des Abriols-Commune de Larroque.81140 (voir les informations en bas de cette page d'actualité et dans la catégorie Articles de presse).

Le 21 décembre 2007, au vu des troubles à l'ordre public occasionnés et des réactions véhémentes des riverains exprimées à travers notre association, le Préfet du Tarn prenait un arrêté préfectoral interdisant à l'Equipage de Grésigne de sortir et poursuivre hors de la forêt (soit du domaine d'adjudication) sur le 3 communes de Larroque, Puycelsi et Castelnau-de Montmirail.

Le 31 janvier 2008, deux veneurs membres de l'équipage de Grésigne présentaient auprès du Tribunal administratif de Toulouse une requête en vue d'obtenir l'annulation de cet arrêté préfectoral.

Aussitôt, notre association C.E.R.F. de Grésigne agissait en tierce intervention pour défendre l'arrêté auprès du Préfet.

Enfin le 2 décembre dernier, le Tribunal administratif rendait son jugement: la requête des veneurs est rejetée.

Il est tout à fait intéressant de relever ici l'essentiel des conclusions venant à l'appui de ce jugement:

" Considérant qu'il ressort des pièces du dossier et notamment des procès-verbaux relatifs aux incidents relatés par les services de la gendarmerie nationale du 11 février 2006 et du 3 novembre 2007, que lors des chasses à courre, des cerfs se sont enfuis en direction des habitations du lieu dit Les Abriols dans la commune de Larroque; que les chasses se sont poursuivies sur les propriétés privées occasionnant des dégâts matériels importants et engendrant des risques pour l'intégrité physique des habitants, y compris des enfants mineurs; que dès lors, le préfet du Tarn n'a pas injustement qualifié ces incidents comme constitutifs de troubles à l'ordre public justifiant l'arrêté attaqué;

" Considérant qu'il ressort également des pièces du dossier qu'en prenant son arrêté, le préfet a entendu limiter la zone de chasse à courre uniquement du cerf aux limites de la forêt domaniale de Grésigne d'une étendue supérieure à 3500 hectares; que les mesures d'interdiction prises parle préfet en vue d'assurer la sécurité et la tranquillité publique n'ont pas le caractère d'une interdiction générale et absolue, dès lors qu'elles ne portent que sur les territoires des communes en dehors de la forêt domaniale et ne concernent qu'une seule espèce animale chassée; que l'arrêté ne constitue pas d'avantage une mesure disproportionnée par rapport à son objet, eu égard aux atteintes portées, en l'espèce, à la sécurité et à la tranquillité des habitants des communes concernées...

La requête présentée par Messieurs... est rejetée ".

Il reste bien sûr maintenant aux deux veneurs la possibilité de faire appel. Notons seulement que ce geste serait bien contradictoire avec une mesure récente que le nouveau Président de l'Equipage de Grésigne, Mr Rémy Baysset, a prise dès le début de cette nouvelle saison pour réglementer chaque sortie: le maître-chien a ordre de rappeler les chiens dès que le cerf sort de la forêt, un maître-chien désormais salarié et responsable chez lui de l'entretien de la meute dans sa totalité comme de sa conduite effective lors des sorties. Ce qui visiblement n'était pas le cas auparavant...

LETTRE OUVERTE D'UNE ADHERENTE

Nous avons pris connaissance du projet de loi visant à interdire la chasse à courre, ainsi que de la réponse apportée par les instances nationales de la chasse. En ce qui nous concerne, nous n’avons jamais demandé l’interdiction de la pratique de la vénerie, mais uniquement qu’elle soit respectueuse des droits de tout un chacun.

Or, que constatons-nous ? Certes, l’Equipage de Grésigne se permet de pousser sa meute sur des territoires qui ne sont pas les siens, bafoue à qui mieux mieux les règles mêmes de la vénerie, en abandonnant sa meute, qu’il est incapable de contrôler, à la diligence des suiveurs, prétend ne jamais faire « acte de chasse » et, à nos plaintes, répond avec une arrogance digne d’une farce médiévale !

Mais ce n’est pas tout : au fil des temps, nous apprenons que l’Equipage de Grésigne, à qui l’autorisation de meute a été donnée par un préfet qui aurait dû savoir qu’il s’agissait d’une meute parfaitement hétérogène, incapable d’obéir, n’est pas le seul à être incapable de rester sur les territoires qui lui ont été alloués et que, un peu partout, en France, des « laisser courre » se terminent chez des particuliers, sur des terrains de foot municipaux, ou autres endroits les plus incongrus que l’on puisse imaginer.
Certes, la chasse à courre n’est plus l’apanage d’une aristocratie se revendiquant du droit de cuissage et piétinant les cultures pour assouvir son « bon plaisir », mais l’état d’esprit, lui, n’a pas changé.

Il est assez hallucinant de constater à quel point les amicales communales de chasse sont soumises à des règlementations de plus en plus pointilleuses (port obligatoire de gilets fluo, conditions drastiques d’hygiène pour le dépeçage du gibier, conditions d’assurances de plus en plus coûteuses), aussi vexatoires qu’onéreuses, et qui laissent clairement entrevoir que, loin de la « grande fraternité entre chasseurs » prônée par CPNT, c’est bien l’abolition des privilèges, décidée dans la nuit du 4 août 1789, qui est dans le collimateur !

En effet, comment comprendre que, à la moindre incartade, un paysan-chasseur, déjà sanctionné par son amicale communale, soit convoqué, sur plainte de sa Fédération Départementale, devant le tribunal correctionnel, et, bien souvent, le président de l’amicale itou, alors que des gens qui ne font que déshonorer la vénerie se lavent les mains de leurs turpitudes, sûrs de leur impunité ?

Pour ce qui nous concerne, nous ne sommes pas « anti-chasse », nous donnons nos terres aux chasseurs de nos villages lorsque nous en avons, certains d’entre nous, même, membres du bureau de leur amicale, sont amenés à siéger en Conseil de discipline et se montrent bien moins sévères que les chasseurs eux-mêmes.
Il n’en reste pas moins qu’ils voient venir une autre organisation de la chasse, dont les villageois seraient exclus au profit de citadins bourrés de fric qui rappliqueraient en jet privé sur des territoires dont le commun des mortels serait impuissant à les faire déguerpir, soutenus qu’ils seraient par d’autres « petits marquis » des bureaux parisiens.

C’est pourquoi nous en appelons à tous les citoyens soucieux du principe d’égalité devant la loi, soucieux de combattre la ploutocratie qui mine ce qui nous reste de démocratie, pour nous aider à faire comprendre à tous que l’histoire de l’humanité ne se résume pas dans l’histoire de la lutte des chasseurs contre les « anti-chasse », mais dans celle des gens modestes contre l’arrogance des nantis, chasseurs ou non, d’ailleurs…

CHASSE, ANIMAL ET POLITIQUE

Nous venons de mettre à jour notre Page « ARTICLES DE PRESSE », et invitons nos visiteurs à la consulter dès maintenant. Ils verront que les incidents ou accidents ou nuisances occasionnés par la chasse à courre au cerf ne sont pas que des « exceptions tout à fait rares ». Recueillant toutes ces informations, nous avons souhaité aussi exposer les avis différents qui s’expriment au sujet de la chasse à courre, y compris les avis que nous ne partageons pas, de manière à éclairer sous tous ses angles le(s) problème(s) soulevé(s).

Nous tenons toutefois à rappeler ici notre point de vue, afin qu’il n’y ait aucune équivoque.

A plusieurs reprises, nous avons été interpellés par les « opposants à la chasse », à toute forme de chasse, qui nous jugent bien mous et inconsistants dans notre action : nous n’irions pas assez loin puisque nous ne réclamons pas l’abolition pure et simple de la chasse à courre. Nous savons qu’une proposition de loi en faveur de l’abolition fut déposée au parlement déjà en 2005, suivie d’une seconde puis d’une troisième présentée tout récemment encore par quelques députés.

Les motifs majeurs invoqués en faveur de l’abolition restent constants : la cruauté envers l’animal –barbarie d’un autre âge, et l’origine sociale des veneurs – la chasse à courre est une pratique de riches privilégiés. Pour les abolitionnistes, l’indignation devant la violence faite à l’animal se conjugue avec la révolte face à l’arrogance des veneurs souvent teintée de mépris pour quiconque ne partage pas les hautes valeurs de la vénerie. Depuis peu, ils ajoutent un argument supplémentaire: la vénerie ne régule rien, ou si peu.

A quoi la vénerie répliqua très tôt sur son site officiel : les partisans de l’abolition appartiennent toujours à la « mouvance animaliste » (celle qui « vise également l’élevage, la consommation de la viande, les laboratoires de recherche, le cirque, la corrida, la fourrure,… »), et l’accusation d’ « aristocrates d’Ancien régime » est injurieuse puisque les 10 000 veneurs qui chassent en France viennent « d’horizons les plus variés… (et) sont le reflet de la plus grande mosaïque sociale de ce pays ».

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Nous serions mal à l’aise à vouloir trancher dans un débat qui nous semble en effet bien mal posé. Compte tenu de notre expérience locale, qui nous a conduit à nous rassembler et agir, nous avons plutôt la conviction que la chasse à courre est désormais en grande partie une pratique de notables portant des noms sans particule, soutenus et suivis par des participants plus humbles, un peu comme des servants suivent et accompagnent les seigneurs dans leur loisir favori. Mais les quelques présidents d’équipage qui semblent encore de vieille et noble extraction s’exhibent peut-être plus pour la forme, bien qu’aussi et sans aucun doute pour l’esprit.

C’est ce dernier trait qui mérite d’être souligné: aristos ou pas, ils font preuve ici d’une superbe, d’un dédain et d’une indifférence notoire aux dégâts que leur pratique occasionne parfois lors des accidents, ceux-ci ne relevant pas du tout d’une exception statistique mais d’une dérive toujours contenue et possible dans leur logique de chasse : sortir et poursuivre l’animal hors de la forêt quoi qu’il arrive. Nous sommes maintenant nombreux à pouvoir témoigner que même le moins haut perché dans la hiérarchie sociale sait vous ignorer souverainement si vous ne partagez pas le feu de sa passion, si vous lui démontrez que cette logique est aveugle.

Reconnaissons donc que ce trait « de caractère » n’est plus du tout aujourd’hui le privilège des nobles d’autrefois, mais celui très répandu des roturiers les plus parvenus ou de nos hauts fonctionnaires, de nos « gagnants » (« winners » dans la langue officielle) suivis de leurs aspirants. Autrement dit, la charge symbolique que les abolitionnistes voudraient faire peser sur ces « représentants de l’Ancien régime », il faut au contraire l’élargir au commun des élites de l’oligarchie : des députés chassent à courre, ou participent aux chasses présidentielles, mais aussi des avocats, hommes d’affaire, professions libérales, élus locaux, … Et des petites mains pour leur servir la soupe, il n’en manque jamais.

Cela dit non pas, certainement pas pour donner raison à la vénerie : « reflet de la plus grande mosaïque sociale », elle n’en est pas moins porteuse d’un esprit de classe et de caste tout à fait intolérable. Encore une fois, le suiveur le plus humble socialement est capable, face à un habitant faisant valoir ses droits fondamentaux à la sécurité et à la protection, du même rejet sans condition que le notable le plus élevé : « vous n’êtes que des écolos anti-chasse ». Combien de fois l’avons-nous entendu et l’entendrons-nous encore !

Concernant maintenant la cruauté envers l’animal, nous observons deux choses. La vénerie prétend que les abolitionnistes, plus largement les écologistes parmi lesquels elle les range, œuvrent ni plus ni moins à une rupture radicale dans les relations entre l’homme et l’animal. N’y a-t-il donc pour toute relation entre l’homme et l’animal que la chasse, voire la chasse la plus cruelle ? L’argument est hypocrite et veut noyer le poisson dans le bain des abstractions. Nous savons que parmi les membres de l’équipage de Grésigne, un haut fonctionnaire et magistrat, par ailleurs romancier, a chanté la valeur du sacré attachée à la participation authentique de l’homme –veneur cavalier- à la Nature. Et la curée, et l’animal blessé en cours de poursuite (et même parfois dès le départ aux dires de quelques témoins), feraient partie de cette exaltation de la Nature où l’instinct des chiens, leur flair et leur stratégie, et de même celui du cerf dans son acharnement à fuir et déjouer la meute et la ruse des hommes font l’objet d’une « égale » admiration. Cela précisément pourrait être une trace de l’Ancien régime, identifiée aujourd’hui à la barbarie.

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Mais à barbarie, barbarie et demie : en effet l’élevage industriel, les abattoirs, la capture des animaux pour le cuir et la fourrure ou encore les expérimentations en laboratoire, et même certaines formes de domesticité,… c’est là notre barbarie moderne. Lorsque la vénerie rassemble toutes ces formes de cruauté autour de la sienne propre, c’est pour mieux les défendre toutes contre la « mouvance animaliste ».
En revanche, qui s’indigne devant la cruauté spectaculaire et symbolique de la chasse à courre ne peut fermer les yeux sur tous ces autres traitements cruels infligés aux animaux. De ce point de vue, et sans devoir appartenir à cette « mouvance » (l’ennemi dont la vénerie a besoin pour soutenir sa pratique et sa logique de chasse), nous ne pouvons que poser le problème sérieux du rapport de l’homme à l’animal, non plus en termes sacrés et mythiques, mais en raison de la destruction des espèces à laquelle œuvre obstinément notre société industrielle tant par distraction que par profit. Avant même d’évoquer la disparition des espèces due aux attaques orchestrées de l’environnement, chaque jour des centaines de bêtes non chassées meurent écrasées sous les roues de nos voitures : chiens, chats, lapins, poules, blaireaux, ragondins, oiseaux, chevreuils, sangliers… Car sur les routes de France ce n’est pas l’animal qui est roi, mais l’automobiliste. On ne peut décemment contourner ce désastre banalisé.

Autrement dit, c’est bien injustement qu’on vise la chasse en général comme unique source de cruauté envers l’animal. De fait, toutes les chasses ne sont-elles pas cruelles ? Mais la cruauté n’est-elle pas en réalité une abstraction que chacun peut manier à sa guise pour sa propre cause ?

Certaines chasses participent réellement à la régulation, lorsqu’elles ne sont pas que des opérations d’abattage en règle. Mais de quelle régulation parle-t-on ? D’une régulation nécessaire face à la prolifération des prédateurs ? Ou de celle qui a consisté à peupler artificiellement certaines forêts de cervidés, lesquels se reproduisant en grand nombre et ne trouvant plus rien à manger en forêt, quittent celle-ci pour s’installer sur les territoires des communes voisines, là où les amicales de chasse s’en inquiètent et n’arrivent plus à faire face à leur prolifération croissante?

(Et à cet égard, on ne dira jamais assez en effet que la chasse à courre régule très peu : en Grésigne, 12 cerfs pour l’équipage, pour 88 cerfs confiés aux chasseurs à tir. Elle ne saurait donc justifier son existence par ce rôle prétendu de régulateur).

Il faut certes aborder franchement ces questions avec les chasseurs, avec ceux qui sont le plus ouverts à ce partage et qui ne s’en remettent pas au « puissant lobby » de la chasse pour les résoudre. Enjeu de taille, à l’heure où les Fédérations départementales de chasse ont la charge, dans la rédaction du schéma cynégétique, d’inclure des obligations de sécurité ; on aimerait qu’elles ne concernent pas que la sécurité entre chasseurs et prennent en compte celle des non-chasseurs.

D’où notre position depuis le début : que la chasse à courre se cantonne strictement sur son domaine d’adjudication et n’en sorte plus jamais. Et s’il s’avère que sur tel périmètre domanial jugé trop étroit elle ne peut se pratiquer pleinement, alors oui : qu’on ne lui délivre plus aucune adjudication !

« Vous voulez que la barbarie reste invisible, planquée en forêt, vous jouez les Ponce-Pilate », dira-t-on ? Nullement : cantonner la chasse à courre en forêt, c’est au contraire contraindre les équipages à renoncer à poursuivre hors de la forêt, autrement dit laisser vraiment au cerf toute sa chance ! Tant il est vrai que c’est à la façon dont les hommes traitent les animaux qu’on mesure comment ils peuvent se traiter entre eux.

C.E.R.F. de Grésigne

Le Maire en guerre contre les Veneurs

Le Parisien, édition de l'Oise, 10 Janvier 2011

Nathalie.REVENU. | 10.01.2011, 07h00 Oise : AVILLY-SAINT-LÉONARD (60300)

Le Maire en guerre contre les Veneurs

L’irruption il y a une semaine, d’un cerf dans Senlis, en marge d’une chasse à courre, a ranimé la colère d’Amédée Bussière, maire d’Avilly-Saint-Léonard. Il est aux premières loges car sa commune est située en lisière de la forêt de Chantilly, terrain de jeu favori des veneurs. Il y a un an lors de ses voeux, il avait lancé un appel aux maires des environs pour mettre bon ordre dans les chasses à courre.

« Seul Lamorlaye m’a répondu », regrette le maire. A deux reprises le village avait été le théâtre d’incidents. En 2008, un cerf, coursé, par les chiens avait traversé en plein match un terrain de foot. A la Toussaint 2010, un autre animal avait déboulé dans le centre-bourg, derrière l’école. « Imaginez qu’un enfant à vélo rencontre un cerf de 120 kg », s’émeut Amédée Bussière.

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Finalement, le cerf avait été abattu d’un coup de fusil dans le marais. Une zone qui « se trouve à une portée de fusil d’Avilly et qui est propriété de la municipalité », précise le maire, qui souligne : « Je ne suis pas contre cette chasse mais qu’elle reste en forêt. J’estime que le plaisir de quelques-uns ne doit pas primer sur la sécurité des habitants. » Un message qu’il renouvellera samedi 15 janvier lors de la cérémonie des vœux. Car, depuis son appel, il estime que la situation n’a pas évolué. Un protocole avait été signé entre le Rallye des Trois-Forêts et la commune sous l’égide du sous-préfet. Il prévoit de diminuer de moitié les jours de chasse et de proscrire cette activité le samedi. Le périmètre dévolu à l’équipage avait été délimité : il ne pouvait pas aller au-delà d’une frontière ouest-est en forêt de Chantilly. « Ce protocole n’est pas respecté, dénonce le maire qui réclame un nouveau rendez-vous avec le sous-préfet. Les chasseurs prétendent qu’ils ne peuvent pas arrêter les chiens. » Tous les mardis, un employé communal vient contrôler les opérations. « Il veille à ce que le cerf ne soit pas tiré lorsqu’il est chez nous », indique l’édile.

Du côté des veneurs, Jean-Pierre Perney, le maître d’équipage du Rallye des Trois-Forêts, proteste tout aussi vigoureusement : « Ce protocole est respecté. Il y a dix jours nous avons arrêté tous les chiens avant la ligne convenue, sauf deux chiens. On l’ignorait. Cela peut toujours nous échapper. Depuis l’ouverture de la saison (fin septembre), nous avons arrêté neuf fois le cerf. » Précisant qu’une meute peut être constituée d’une quarantaine de chiens. Revenant sur l’épisode de Senlis, il indique que ce vendredi matin, il y avait bien une chasse à courre dans la forêt de Chantilly : « Mais, ce cerf n’était pas chassé. Il a pris peur avec l’arrivée des chiens et quatre autres cerfs. C’est un non-incident. Nous avons une action écologique dans ce massif des Trois-Forêts. Nous sommes locataires de l’Institut de France (NDLR : propriétaire des forêts) et avons l’obligation de prendre un certain nombre d’animaux, sinon nous allons être verbalisés. Cette année, nous aurions dû en prélever trente-deux, alors que nous n’en sommes qu’à dix. »

Vénerie, une nouvelle tactique de chasse : de plus en plus irresponsables !

Nous avions déjà été surpris par les arguments de la défense lors du procès qui s’est déroulé devant le Tribunal de police de Gaillac, puis devant la Cour d’Appel de Toulouse, suite à la mise à mort d’un cerf dans la cuisine de nos amis, Pierre et Patricia Rossard: « Il y avait un brouillard à couper au couteau, non seulement on ne voyait pas les chiens, mais on n’entendait même pas leurs abois ».

Est-il bien raisonnable, de la part de personnes adultes, de foncer ainsi dans le brouillard ? Un enfant de six ans répondrait que non ! Mais il faut croire que ces gens-là n’atteignent l’âge de raison qu’à 77 ans… « Ce n’est pas nous qui chassons, c’est le « laisser courre », ce sont les chiens qui chassent », puis « servir la bête aux abois n’est pas un acte de chasse », bref, les veneurs ne chassent jamais ! Heureusement, le tribunal et la Cour d’Appel en ont décidé autrement !

Reste l’arrêté préfectoral interdisant à l’Equipage de Grésigne de sortir sur les communes de Larroque, Puycelsi et Castelnau de Montmiral et qui, bien que faisant l’objet d’un recours devant le Tribunal Administratif (ce qui prouve bien l’intention qu’ont ces gens-là de continuer leurs intrusions), est toujours en vigueur.

Alors, désormais, et en contradiction avec les règles mêmes de la vénerie, qui veulent que le « maître-chiens » reste en contact permanent avec la meute, ils ont trouvé une nouvelle tactique : lancer les chiens vers le hameau des Abriols (commune de Larroque, interdite à la chasse à courre), sans, eux-mêmes, sortir de la forêt, laissant les « suiveurs » rabattre la meute et le gibier poursuivi vers des zones non interdites ! Car les « suiveurs » suivent, ils ne chassent pas !

C’est ainsi que le samedi 11 décembre 2010, un cerf pourchassé a tournicoté pendant près de deux heures dans le hameau des Abriols, harcelé par la meute, mais en l’absence de tout cavalier : des 4x4 garés n’importe comment, des hurlements, un raffut pas possible…mais pas la trace du moindre veneur ! Laisser les « suiveurs » endosser la responsabilité d’un éventuel carnage, peut-on faire plus lâche ?

M. Vuitton, les Dourdin et la chasse à courre

Le Monde | 11.11.10 |

Patrick-Louis Vuitton a différé d'un bon mois le début de sa saison de chasse à courre pour effectuer des travaux d'aménagement dans la forêt domaniale des Andaines (Orne). Afin de jouir paisiblement de son droit exclusif de chasse à courre au cerf, le propriétaire de l'équipage de la Roierie a fait poser plus de trois kilomètres de grillage autour d'une propriété privée de 182 hectares, enclavée dans les 5 300 hectares du giboyeux espace. Ses cerfs ont la fâcheuse habitude de finir leur équipée dans l'étang de Laurence et Roland Dourdin, propriétaires de cet espace sans clôture, et M. Vuitton de les y poursuivre.

Les Dourdin ne goûtent guère ces incursions, et n'ont jamais cédé aux propositions de dédommagement de M. Vuitton. En novembre 2009, ils ont fait condamner le descendant du maroquinier de luxe, 59 ans, à 1 300 euros d'amende pour "chasse sur le territoire d'autrui". Et chaque nouvelle intrusion sur leur domaine est désormais passible de 5 000 euros de pénalité. Le préfet de l'Orne a tenté d'intercéder. Mais les honneurs de sa table - à laquelle étaient conviés un représentant régional de l'Office national des forêts (ONF) et M. Dourdin - ont laissé ce dernier de marbre. M. Vuitton a trouvé la parade. Dès septembre, les Dourdin ont vu s'ériger, aux limites de leur propriété, une clôture verte de 2,20 m de hauteur, surplombée de barbelés, car les cerfs sautent haut. Coût estimé : entre 70 000 et 80 000 euros, pris en charge par M. Vuitton, qui a obtenu la bénédiction de l'ONF.

grillage Vuitton

Un procédé "rare"

M. Vuitton préférerait chasser sans grillage, assure Pierre de Boisguilbert, chargé de la communication de la Société de vénerie, mais, étant donné la difficulté de rappeler les chiens, il risquerait une deuxième condamnation qui pourrait lui coûter son permis de chasse. En ces temps de révision générale des politiques publiques, l'ONF ne peut pas perdre la somme que lui verse M. Vuitton qui a, jusqu'en 2015, l'exclusivité locale de la chasse au cerf contre 150 000 euros versés chaque année. Pour la CGT-Forêt, l'argument financier est insuffisant. "Ce grillage a été posé malgré l'avis défavorable des personnels de terrain et de la direction territoriale, contrairement à ce qui se fait d'habitude en forêt domaniale", explique un de ses représentants nationaux.

"C'est un grillage comme il en existe beaucoup pour la protection ou la régénération des plantations", relativise la direction générale de l'ONF, concédant que le procédé est "rare" sur une chasse à courre où la faune sauvage doit pouvoir circuler librement. Dotée de "sept passages ouverts tous les jours, sauf les mercredis et samedis, jours de chasse à courre", la clôture de M. Vuitton respecte ce principe, selon M. de Boisguilbert. Les deux cerfs cueillis par l'équipage de la Roierie après s'être cassés le nez sur le fameux grillage n'avaient, pour leur malheur, pas le calendrier en tête.

Patricia Jolly

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En forêt des Andaines, on ne se laisse pas marcher sur les pieds

M. Roland DOURDIN nous a joint récemment. Il a pris connaissance de notre blog. Il souhaitait prendre de nos nouvelles en même temps que nous en donner sur l'affaire qui l'oppose à M. P.L. Vuitton, maître d'équipage chassant en forêt des Andaines. Il nous communique à l'occasion des photos (ci-dessous) qui montrent l'installation du grillage de la honte: sur 3 kms de pourtour, la clôture encadre en U 182h de sa propriété qui bordent son étang. Les animaux, habitués depuis toujours à se diriger vers cet étang pour venir s'y abreuver, ne pourront que se prendre dans le grillage auquel ils seront acculés par la meute, un piège mortel quoiqu'en disent les veneurs de cet équipage.

M. Vuitton ne pratique donc pas seulement la chasse à courre, il pratique aussi avec élégance le carnet de chèque: 150 000E de location annuelle de la forêt des Andaines en tant qu'adjudicataire, 80 000E déboursés pour la pose à ses frais de ce grillage, qu'il aurait préféré ne pas installer, dit-il, pour louer plutôt à M. et Mme Dourdin le droit de chasse sur leur propriété moyennant une somme rondelette...que les Dourdin ont refusée.

Voilà bien l'inacceptable pour M. Vuitton: qu'un propriétaire lui refuse le droit de chasser chez lui. M. Dourdin nous apprend encore que sur une propriété voisine, qui possède également un étang, M. Vuitton a carrément acheté l'étang au propriétaire pour une somme non négligeable.

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Refuser de se laisser acheter: c'est la première forme de résistance à cette pratique "moderne" de la chasse à courre qui non seulement n'hésite pas à payer très cher son droit de chasse à l'ONF comme chez les privés, mais s'empresse encore d'acheter le silence des victimes d'intrusions ou d'accidents, leur promettant des dédommagements à la hauteur des dégâts matériels occasionnés. "Au civil" on s'arrange toujours, pourvu qu'on évite le pénal. Gageons que cette tactique marchera de moins en moins.

M. Dourdin offre par ailleurs un témoignage des plus précieux, puisque lui-même est un ancien veneur, devenu ensuite simple chasseur à tir en raison de désaccords majeurs sur la pratique de la chasse à courre de l'équipage avec lequel il chassait. De ce point de vue il certifie que, contrairement à la défense habituelle des veneurs en cas de pépin -"il est difficile de rappeler une meute de chiens lancée à la poursuite de leur proie, ça prend du temps", ces chiens de meute sont des chiens d'ordre et le maître-chien peut les rappeler sans trop de mal et assez rapidement. Ce qu'il demandait à M. Vuitton de faire chaque fois que l'animal chassé se rapproche de son étang; il n'était pas contre le passage de la meute et du cerf sur ses terres, mais il s'oppose à la pratique assez courante qui consiste à acculer le cerf vers l'étang où les chiens qui ne le lâchent pas le contraignent souvent à la noyade.

Il semble que des riverains commencent là-bas aussi à donner de la voix. Voir notamment après les photos, le témoignage de Mme Georgette H, habitante de cette région à proximité de la forêt des Andaines.

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ONF: L'APPÂT DU GAIN

Georgette H. (champsecret), le mardi 05 octobre 2010

Ce qui me paraît le plus scandaleux dans cette affaire c'est la politique de rentabilité immédiate de l'ONF appelée sans doute par le gouvernement à faire rentrer de l'argent dans les caisses, sans se soucier du préjudice infligé à la faune de la forêt domaniale: en effet ce grillage est un piège mortel pour les cerfs les jours de chasse à courre. Ils iront s'empaler sur cette clôture qui sera alors fermée. D'autre part, le terrain sur lequel a été érigé ce grillage est public; rappelons que M.Vuitton a beau débourser 170000 euros par an pour son droit de chasse, il n'en demeure pas moins qu'il n'est aucunement propriétaire de ce terrain! Non seulement il a agi sans concertation avec Mme Dourdin, mais il n'a jamais demandé l'avis des habitants riverains qui fréquentent la forêt.

Lorsqu'il demande à l'ONF d'interdire les routes forestières réservées dès lors aux "ayants-droit" comme il est indiqué sur les panneaux d'interdiction, on peut légitimement se demander qui sont ces "ayants-droit"? Seulement ceux qui participent aux chasses du "seigneur"? Ceux qui paient, comme des manants du moyen-âge pour suivre ces chasses aristocratiques d'un autre âge? Est-ce que les "ayants-droit" en forêt d'Andaine ne sont pas plutôt les gens qui comme moi aiment et fréquentent la forêt depuis des générations, qui habitent à l'orée du bois et qui ne débarquent pas de Paris une fois par semaine à grands frais pour tuer des animaux dans un endroit devenu camp de concentration à cause de ce fameux grillage?

Le journal Le Monde a fait la semaine dernière un grand article d'une page sur le malaise des agents de l'Onf, tiraillés entre la politique de rentabilité à tout prix de la forêt et leur éthique de gardiens du patrimoine naturel. J'aimerais savoir ce qu'en pensent sincèrement les gardes forestiers de la forêt d'Andaine: peut-être une idée d'enquête pour Patrick Brionne (Ouest-France) qui semble avoir pris ce problème à cœur et que je félicite pour ses articles! Merci

La Chasse à courre : noble sport synonyme de courage et de virilité ou bien carnage programmé ?

Nous lisons, dans le journal « Ouest-France » que, suite à des incidents de chasse à courre, l’ONF a décidé d’installer un grillage de 2,50 mètres de hauteur le long d’un chemin forestier, afin d’empêcher les cerfs poursuivis de se réfugier dans l’étang situé sur une propriété privée voisine et dont les propriétaires ne supportent pas les intrusions des équipages. Il ne fait aucun doute que, si les cervidés se réfugient systématiquement hors des forêts domaniales, c’est que celles-ci sont trop exigües pour la pratique de la chasse à courre.

Clôturer purement et simplement la forêt n’est pas ou pas encore à l’ordre du jour de l’ONF, ce qui reviendrait à enfermer les cervidés dans des clapiers, comme de vulgaires lapins : parlerait-on alors encore d’un « sport ? Par contre, l’Office s'imagine pouvoir satisfaire des propriétaires qui souhaiteraient, d'après lui, vivre derrière un grillage de protection. Que penser d'une Administration qui imagine protéger des personnes supposées plus puissantes que d'autres, en les renfermant derrière un grillage ?

De fait, c’est ici une grosse propriété jouxtant la forêt des Andaines qui est concernée (voir articles ci-dessous et en catégorie Presse). Etrange façon pour un organisme de tutelle d’accorder sa protection moyennant en la circonstance un arrangement avec le prédateur, M. Vuitton, pour que la clôture soit réalisée à ses frais. Faut-il comprendre que tous ceux qui ne souhaitent pas vivre enfermés et cloîtrés dans leur propriété (ou qui sont moins dotés) doivent assumer les risques de voir débouler l'animal chez eux, pour le plus grand plaisir des veneurs dont le droit de suite hors de la forêt n'est dans cette affaire nullement contesté dans son principe ?

L’ONF ne devrait-elle pas plutôt, dans de telles circonstances, renoncer aux adjudications de chasse à courre au cerf, et se contenter d’autres modes de chasse, qui ne manquent pas ? Les équipages eux-mêmes, s’ils avaient la moindre fierté, ne devraient-ils pas renoncer à postuler ? D’où peut bien venir un tel entêtement ? Les veneurs, qui y sont très attachés, croient-ils vraiment qu’ils vont continuer longtemps à faire l’admiration du « petit peuple », si ils chassent dans de telles conditions ? Non, tout ce qu’ils obtiendront ce faisant, c’est le profond mépris du plus grand nombre, qui finira bien par comprendre que tout cela n’est que simulacre de courage, et affaire de gros sous. Que les veneurs se contentent donc de chasser sur le territoire qui leur est alloué, comme doivent le faire tous les autres chasseurs sous peine de poursuites pénales, et rappellent leurs chiens en temps utile, nous ne demandons rien de plus, si ce n’est qu’une loi explicite les y contraigne !

Car, enfin, que devient le principe d’égalité devant la loi si, d’une part, les chasseurs des chasses à tir risquent les plus lourdes sanctions s’ils s’avisaient de pénétrer ne serait-ce que d’un centimètre sur le territoire d’une forêt domaniale ou d’une autre société de chasse, alors que les veneurs seraient en droit, comme ils le prétendent eux-mêmes, de poursuivre le gibier des Pyrénées au Pas de Calais et si, d’autre part, les propriétaires devaient supporter les intrusions de ces petits messieurs alors qu’eux-mêmes seraient traités comme des délinquants si l’un d’entre eux s’avisait d’aller dérober une pomme dans leur jardin ?

Un grillage pour la chasse à courre près de Bagnoles de l'Orne

OUEST_FRANCE - Bagnoles-de-l'Orne. Faits de société mardi 21 septembre 2010

Près de Bagnoles-de-l’Orne, un grillage d’environ 2,5 mètres de haut est actuellement érigé le long de la route forestière de La Prise-Pontin, « pour permettre la poursuite de l’exercice de la chasse à courre sur le massif des Andaines », confie François Bland, directeur territorial de l’Office national des forêts (ONF) pour les régions Ile-de-France et Nord-Ouest.

archives STEPHANE GEUFROI

Près de Bagnoles-de-l’Orne, un différend de chasse à courre pousse l’Office national des forêts (ONF) à autoriser la mise en place d’un grillage autour d’une propriété privée. L’ouvrage est pris en charge par Patrick-Louis Vuitton. L'héritier de la maison de maroquinerie de luxe est à la tête de l’équipage de la Roirie, locataire de chasse du massif des Andaines depuis 2004. Le grillage doit empêcher les cerfs qui cherchent à échapper à la meute de chiens de se réfugier dans le seul étang du secteur situé dans une propriété privée de 182 ha. Une situation source de conflit avec le propriétaire des lieux.

L'ONF PERSISTE ET SIGNE

Le 24 mars dernier, à Auch, nous assistions à la séance d’adjudication des droits de chasse dans les forêts domaniales de Midi-Pyrénées et Aquitaine, présidée par le Préfet du Tarn et Garonne et organisée par la Direction Territoriale de l’Office National des Forêts pour la Région sud-ouest.

Nous avons pu y constater qu’en dépit de tout ce qui s’est passé en bordure de la forêt de Grésigne (les nombreux incidents liés à la pratique de la chasse à courre au cerf, dont les deux accidents graves de 2006 et 2007 aux Abriols sur la Commune de Larroque, le dernier ayant entrainé la condamnation pénale en septembre 2009 de l’un des membres de l’équipage pour chasse sur terrain d’autrui), l’ONF a renouvelé sans état d’âme apparent le bail d’adjudication de 6 ans en faveur de l’équipage de Grésigne pour un prix de location annuelle de 18 000 €.

Attitude irresponsable de l’ONF? La question se pose car voilà un équipage qui a prouvé à maintes reprises qu’il n’avait pas la maîtrise de la chasse, qu’il avait enfreint les règles mêmes de la vénerie (sanctionné pour cela d’un « avertissement » par l’Association Française des Equipages de Vénerie), et qu’il n’avait aucun souci réel de la sécurité des riverains ; or voilà cet équipage redressé droit dans ses bottes par un Office National des Forêts qui finalement ne semble pas vouloir voir plus loin que son intérêt concordant avec celui des veneurs, mais contraire à celui des tiers riverains qui ne veulent pas voir la chasse à courre déborder chez eux .

Notre association, le C .E.R.F. de Grésigne, a toujours été claire sur les conditions de la chasse à courre en Grésigne. Soit la chasse est praticable à l’intérieur du périmètre exclusif du domaine d’adjudication, et alors nous demandons qu’elle y reste et ne sorte plus jamais de la forêt ; soit elle ne peut être menée à son terme sans sortir fréquemment pour poursuivre le cerf hors de la forêt, avec les dangers notoires encourus par les riverains, et dans ce cas nous demandons qu’on ne l’autorise plus du tout. Nos propriétés, nos maisons, ne sont pas le terrain de jeu des veneurs !

L’arrêté pris en décembre 2007 par le Préfet du Tarn contraint encore aujourd’hui l’équipage à ne pas sortir de la forêt, mais seulement sur les 3 communes de Larroque, Puycelsi et Castelnau de Montmirail. Dans le même souci de sécurité qui avait motivé le Préfet du Tarn, nous avions demandé noir sur blanc à l’ONF d’assumer toute sa responsabilité de son côté, sans rester indifférent à ce qui peut advenir hors d’une forêt qu’il juge lui-même étroite et difficile pour le courre du cerf. Par un courrier qu’elle nous adressait en date du 9 octobre 2009, la Direction Territoriale nous semblait faire un premier pas :

Nous avons donc décidé de remettre le lot de chasse à courre en adjudication pour la période 2010-2016, avec les précautions qui s’imposent. Les clauses communes de ces adjudications et les clauses particulières du lot stipuleront la nécessité qu’une charte de bonne conduite soit jointe par tous les candidats à leur offre d’adjudication pour que cette dernière soit recevable. Cette charte de bonne conduite comprendra notamment l’engagement d’arrêter les poursuites des cerfs dès lors que ceux-ci sortent du périmètre de la forêt domaniale ».

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Or en pleine séance d’adjudication ce 24 mars, à notre question orale demandant confirmation de son engagement il nous fut répondu que l’Office n’avait pu le tenir, prétendant qu’il n’avait pas le droit d’imposer cette charte à l’équipage. En réalité, s’agissant d’un contrat de bail conclu avec un équipage, l’inscription d’une telle clause fondée sur le respect de la sécurité des tiers au contrat était possible, liberté étant laissée aux équipages de candidater ou non aux conditions de ce contrat. L’argument juridique avancé par l’ONF ne saurait masquer que pour celui-ci il n’y a en réalité ni urgence, ni volonté politique de prendre en considération les tiers susceptibles d’être lésés par le contrat de bail. Ainsi la Direction Territoriale renouvelle le bail comme si rien ne s’était passé.

L’Office appuie sa décision sur le simple fait que la saison 2009-2010 n’a connu aucun trouble particulier. De fait très peu de débordements enregistrés cette saison, mais il faut dire pourquoi : l’arrêté préfectoral contraint l’équipage a bien plus de vigilance… sauf sur les communes qu’il ne protège pas : or à Penne un cerf était encore poursuivi par la meute jusque dans une piscine d’un particulier en décembre 2009, et un autre jusqu’à Bruniquel en février dernier. Mais la nouvelle tactique des veneurs est remarquable : au lieu de rompre les chiens à temps de l’intérieur de la forêt, le maître-chien lâche prise dès que le cerf en sort, les cavaliers restent en lisière, et c’est aux suiveurs de récupérer comme ils le peuvent la meute abandonnée à elle-même, la meute poursuivant le cerf et non quelques chiens égarés.

De tout cela l’ONF ne veut donc rien entendre. Au contraire, il offre à l’équipage le « cadeau » d’une adjudication à 18000 € pour chasser sur toute l’étendue de la forêt (il faut préciser que l’équipage de Grésigne est chaque fois le seul à candidater, il n’y a donc pas d’enchères), alors qu’à deux autres sociétés de chasse à tir il propose à chacune une moitié de la forêt pour un prix soumis aux enchères respectivement de 47000 € et de 49000 €. Il est à noter par ailleurs que, faute d'une gestion rationnelle de la part de l'ONF pour retenir les animaux en forêt, ceux-ci se répandent sur les communes voisines et font des dégâts considérables que la Fédération, donc l'ensemble des chasseurs du département, doit indemniser. Cela rend d'autant plus intolérable la fait que l'ONF privilégie la chasse à courre, totalement inefficace, par rapport aux autres modes de chasse.

Aussi souhaitons-nous alerter tous les propriétaires de bonne volonté pour leur demander de bien vouloir déclarer une interdiction formelle pour l’équipage de chasser sur leurs terres, compte tenu de tous les incidents survenus, de l’incompétence de l’équipage et de l’indifférence de l’ONF à la situation locale.

Quel jeu joue l’ONF ?

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A la veille du renouvellement des adjudications au printemps 2010, l’Office National des Forêts a enfin accepté de nous rencontrer en décembre 2009 en la personne de M. Chollet, responsable de la chasse à la Direction territoriale du Sud-Ouest.

Cette rencontre faisait suite à un courrier préalable signé de son Directeur M. Ducos et daté du 21 octobre 2009, qui répondait à notre demande de rendez-vous motivée par nos inquiétudes maintes fois exprimées et notre exigence que l’Office assume sa responsabilité dans les mesures à prendre pour contrôler l’exercice de la chasse à courre au cerf en Grésigne.

Il nous était certifié dans ce courrier que l’ONF, consciente du caractère peu adapté de la forêt de Grésigne à la pratique de la chasse à courre au cerf, s’engagerait à exiger de l’équipage adjudicataire en 2010 des garanties de qualité (une meute en cours d’agrément ?) et à lui faire signer une charte de bonne conduite lui interdisant de sortir de la forêt domaniale. Cet engagement était rédigé en ces termes : « Nous avons décidé de remettre le lot de chasse à courre en adjudication pour la période 2010-2016, avec les précautions qui s’imposent. Les clauses communes de ces adjudications et les clauses particulières du lot stipuleront la nécessité qu’une charte signée soit jointe par tous les candidats à leur offre d’adjudication pour que cette dernière soit recevable. Cette charte de bonne conduite comprendra notamment l’engagement d’arrêter les poursuites des cerfs dès lors que ceux-ci sortent du périmètre de la forêt domaniale ».

revu

Or pour avoir pris connaissance récemment du règlement des adjudications, du Cahier des Clauses Générales, du Cahier des Clauses Communes pour la Direction territoriale du Sud-Ouest et des clauses particulières aux lots de la forêt de Grésigne (rendus publics par la Direction territoriale du Sud-Ouest en vue de la période 2010-2016, et approuvés le 12 janvier 2010), nous observons que nous ne retrouvons aucune trace de cette charte de bonne conduite ni dans les clauses communes ni dans les clauses particulières au lot concernant l’équipage qui chassera le cerf en Grésigne durant les six années à venir.

Nous avons donc décidé d’alerter le Préfet du Tarn et Garonne qui présidera en mars prochain à l’adjudication du droit de chasse dans les forêts et terrains domaniaux de l’État situés dans les départements de la Région Sud-Ouest. Nous lui demandons d’inviter l’ONF à tenir ses promesses et à conformer sa gestion cynégétique en forêt de Grésigne aux règlements en vigueur : de fait, il semble qu’une superposition des droits de chasse en Grésigne (au bénéfice de sociétés de chasse à tir et équipages de chasse à courre) fait que le nombre de jours chassés excède le nombre règlementaire (3 jours maximum) et que le repos des animaux n’est pas respecté. Et si l’Office devait en conséquence faire un choix, nous avons d’emblée exprimé le nôtre : celui des sociétés de chasse à tir.

« De quoi vous mêlez-vous?», demandera-t-on. Précisément de ce qui nous regarde, de très près ! A suivre.

C.E.R.F. de Grésigne vu

__UN PROCES PEUT EN CACHER UN AUTRE__

Retour sur une procédure

Le procès qui s'est tenu en Cour d'appel de Toulouse le mardi 7 septembre 2009 est éclairant à bien des égards. Un veneur de l'Equipage de Grésigne y faisait appel du jugement rendu au Tribunal de police de Gaillac en juin 2008. M L., en tant que maître chien et meneur de la chasse ce jour du 3 novembre 2007 où eut lieu le second accident de chasse à courre au cerf au domicile de la famille R., y fut condamné pour chasse sur autrui, avec 1000 E d'amende, 1000 E de dommages et intérêts et un retrait du permis de chasser durant 2 ans. M. L. sollicitait donc de la Cour d'appel une révision de ce jugement en faveur d'une relaxe. Le délibéré rendu le 26 octobre dernier ne l’aura donc pas exhaussé : la Cour d’appel par son arrêt a confirmé au contraire l’inculpation de M. L. dans les mêmes termes que celle prononcée déjà par le Tribunal de police de Gaillac. Et il semble qu’il n’y aura pas de pourvoi en cassation.

Revenons sur ce procès en Cour d’appel. Durant presque 2 heures (le procès de Gaillac avait duré 1h30), la Cour a tenté de saisir le plus clairement possible la nature du litige et des arguments avancés tant par les veneurs que par les parties civiles.

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Scènes de chasse et noms d'oiseaux (Le Monde 01/01/10)

Pour Patrick-Louis Vuitton, ce n'est qu'une péripétie amplifiée par le nom "magique" qu'il porte. Lundi 23 novembre, le descendant - "direct", précise-t-il - du maroquinier de luxe au célèbre monogramme a été condamné, ainsi que son maître de chasse à courre, par le tribunal de police de Domfront (Orne), à acquitter 1 300 euros d'amende. Pour "chasse sur le territoire d'autrui".

En 2008, M. Vuitton, à la tête de son équipage de la Roierie, a été pris à deux reprises en flagrant délit de poursuite de cerf sur la propriété privée de Laurence Dourdin, une enclave de 182 hectares dans la giboyeuse forêt domaniale des Andaines, dans l'Orne. Excédée par ces intrusions à répétition, la dame a déposé "une dizaine de plaintes", dont six seraient encore en suspens. Une "petite contrariété" dont M. Vuitton "rigole", puisqu'elle ne lui a "même pas" coûté son permis de chasse, souligne-t-il.

L'annuaire de la vénerie a des allures de Bottin mondain. Ses abonnés traquent le gibier à cheval, en livrée de couleur à boutons, et ils résolvent plus volontiers leurs différends dans les salons feutrés qu'en public. Mais dans cette terre de bois et d'étangs, la chasse - à courre comme à tir - est l'affaire de tous. L'homme, âgé de 58 ans et responsable du sur-mesure chez Vuitton, n'est jamais passé inaperçu dans la région.

Pour obtenir, en 2003, par adjudication, l'exclusivité des droits de chasse à courre au cerf sur les 5 370 hectares de la forêt domaniale des Andaines, tous les mercredis et samedis, de septembre à mars, jusqu'à la fin de 2015, il a mis le prix : 150 000 euros par an, sur douze ans, versés à l'Office national des forêts (ONF). Soit plus de quatre fois le tarif généralement pratiqué, selon les spécialistes. "Puisque c'est adjugé aux enchères publiques, il n'est pas interdit de les faire monter, estime M. Vuitton. Et puis tout le monde est ravi, cela met la forêt des Andaines en valeur."

L'ennui, c'est que même le plus coté des cerfs se moque comme d'une guigne du tracé cadastral. Et son instinct le conduit immanquablement vers l'eau pour tenter, en éliminant sa trace, d'échapper à la meute de Black and Tan, d'inépuisables chiens irlandais dressés à ne pas le confondre avec une vulgaire biche. Or les proies de M. Vuitton ont la fâcheuse manie de tenter d'égarer leurs poursuivants en se "rinçant" - comme on dit dans le jargon de la vénerie - dans l'étang situé sur la propriété des Dourdin.

M. Vuitton a bien tenté de "louer leur territoire", mais s'est fait éconduire. "Sans doute ne leur ai-je pas proposé suffisamment d'argent...", lance-t-il. Chasseuse à courre en son temps sur la propriété qui appartient à sa famille depuis la fin du XIXe siècle, Mme Dourdin, la soixantaine, n'est pas plus âpre au gain qu'elle n'est une égérie de la protection de la faune. C'est plutôt "le manque d'éthique" de M. Vuitton qui lui déplaît, dit-elle.

Le débat au tribunal de police paraîtra ésotérique au profane. Selon la plaignante, M. Vuitton use d'une pratique abolie depuis Louis XIV, le droit de suite, en se laissant aller à pister ses proies jusque sur des terrains privés... les siens. Le mis en cause, lui, réplique que la manoeuvre est légitime dès lors que le cerf est "aux abois". Selon M. Vuitton, le jugement repose sur une interprétation erronée de cette notion : "Quand le cerf est aux abois, j'en deviens propriétaire, donc responsable civil. Je dois alors le "servir" (l'achever) au plus vite."

Pour les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), assermentés, qui ont témoigné au procès, M. Vuitton et ses hommes ont poursuivi par deux fois leur chasse dans la propriété des Dourdin, pourtant clairement identifiée comme privée, alors que le cerf n'était pas aux abois. Or Mme Dourdin ne badine pas avec les traditions. Et elle apprécie d'autant moins que M. Vuitton s'en affranchisse qu'il se targue d'être "à cheval sur l'étiquette", qu'il n'aurait enfreinte qu'en ces deux occasions "en quarante-cinq ans de pratique". Clichés à l'appui, les Dourdin lui trouvent plutôt l'air d'un béotien lorsqu'il chasse à courre. Non content d'envoyer sa meute épuiser le gibier à la nage, M. Vuitton envoie des sbires en barque pour achever, à la dague, les cervidés qui n'ont plus pied - ou patte. L'embarcation serait même acheminée jusqu'à l'étang en 4 × 4...

Un sacrilège quand la vénerie préfère une mise à mort à terre, face à face. "Mais ça s'est toujours fait comme ça !", proteste M. Vuitton, qui jure ne terminer sa chasse par une pêche que dans les pièces d'eau dont il est propriétaire. Toujours selon les Dourdin, M. Vuitton et ses suiveurs motorisés useraient autant de CB et de gyrophares que du conventionnel "Taïaut !" : le cri indiquant que le cerf est en vue.

La juge a menacé de suspendre le permis de chasse de M. Vuitton à la prochaine incartade. Lui ne s'en "souvient plus". Comme il a oublié sa colère à l'issue de l'audience. Selon la presse locale, il avait alors menacé "d'aller chasser ailleurs", puisqu'il a "partout des terres", ajoutant qu'il priverait ainsi l'ONF de sa contribution annuelle de "150 000 euros, pour la protection de la nature et des animaux". "Tous ces gens inventent, dément-il. Je suis adjudicataire pour six ans encore en forêt des Andaines, et j'ai bien l'intention de continuer à y chasser. Cette affaire me coûte 1 300 euros : un pauvre PV." Sauf s'il remet les pieds chez les Dourdin. Ces derniers ont obtenu une interdiction formelle pour l'équipage de la Roierie - hommes et bêtes - de pénétrer chez eux sous peine d'une amende de 5 000 euros par infraction.

Patricia Jolly

La chasse à courre s'achève devant le supermarché (15/10/2008)

C’est la loi des séries. Hier après-midi, la chasse à courre s’est achevée en plein coeur de Lamorlaye, juste en face du supermarché Champion, le long de la D 1016. C’est effectivement le deuxième dérapage en dix jours, après celui d’Avilly-Saint-Léonard, où une bête traquée était même passée au milieu d’un match de football, avec aux trousses les chiens et un cavalier.

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Fait divers. Une chasse à courre à Larroque se termine mal (sur le site La Depeche.fr 04/11/07)

3 NOVEMBRE 2007 3 nov

Poursuivi par 40 chiens, le cerf finit dans le salon.

L'histoire est tout à la fois dramatique et regrettable. Hier vers 13 heures, alors qu'elle venait de finir de manger, une famille de la commune de Larroque, au lieu dit Les Abriols, a vu un cerf débarquer dans sa maison, poursuivi par une meute de chiens. Appeurée, la bête sauvage a littéralement saccagé le salon avant que les chasseurs ne viennent l'abattre avec un couteau. Pierre, Patricia et leurs deux enfants n'ont pas été blessés. Mais ils ont eu très, très peur.

Sur place, les gendarmes de la brigade de Castelnau-de-Montmirail sont venus constater l'incident et entendre les dépositions. Dans la maison, on croirait au passage d'une tornade. La baie vitrée par laquelle le cerf a pénétré est complètement brisée. Des tessons de verres sont éparpillés dans toute la maison, des meubles sont renversés. Le sol est jonché de sang et de boue. Bien aidé de la quarantaine de chiens qui le poursuivaient, le cerf a littéralement retourné la maison. «Une scène d'horreur» «Nous savions que c'était une chasse à courre. Ce n'est pas la première fois que cela arrive ici», raconte Pierre, très ému. «Cela faisait plusieurs minutes que les aboiements se rapprochaient, jusqu'à ce que le cerf soit autour de la maison. Les enfants étaient effrayés. Nous ne savions pas quoi faire, c'était la panique complète. Puis le cerf est rentré, et tous les chiens avec lui. On est sortis, les enfants n'étaient plus là. C'était une scène d'horreur», raconte-t-il.

Dehors, deux membres de la chasse à courre en question attendent en costume traditionnel, le cor autour du cou, et le cheval à côté. Jacques, un des deux chasseurs, membre de l'association qui organisait l'événement, explique que «les suiveurs étaient venus rattraper les chiens, mais cela ne se fait pas en claquant des doigts. D'habitude nous essayons de ne pas sortir de la forêt». Patricia s'est approchée. Énervée, elle leur lance cette question: «Que faisiez-vous ici, avec 40 chiens, sur notre propriété?» «Il s'est passé quelque chose qui n'aurait pas dû arriver, c'est catastrophique», répond Jacques. «On ne devrait pas vous laisser chasser, vous jouez avec un boulet de canon que vous ne maîtrisez pas», lui rétorque-t-elle. Des plaintes sans suite

«Déposez-vous une plainte?», demande un gendarme à Patricia. «Oui, pour violation de propriété privée et pour mise en danger volontaire de la vie d'autrui», lui répond-elle. Cette plainte ne sera pas la première dans ce secteur. Par deux fois déjà, des événements similaires se sont produits. Mais les plaintes sont restées sans suite, au grand dam de la population. Une responsable de l'amicale de chasse de Larroque, présente sur place, explique que «la chasse à courre sur ce secteur doit suivre un protocole très sévère. Il n'est jamais respecté», précise-t-elle. «C'est la deuxième fois que cela nous arrive. À chaque fois, c'est plus grave. Jusqu'où faudra-t-il aller pour agir?», s'interroge Patricia. La question reste en suspens.

Publié le 04 novembre 2007 à 10h40 | Auteur : Jean-Baptiste Miquel nov 07

Chasse à Courre au Cerf, 20 Décembre 2003: un riverain de la Forêt de la Grésigne témoigne

Témoignage d'un riverain de la forêt de la Grésigne

Je, soussigné Mr F. D., domicilié Les Abriols,81140 LARROQUE, déclare avoir été témoin

le Samedi 20 Décembre 2003 alors que ma plainte pour l'accident du 11 Janvier 2003 chez Mr P.MILLOT n'a toujours pas eu de suite.

A partir de 13h30 de très nombreux aboiements de chiens attirent mon attention. Je sors de la maison, et observe alors une grande agitation : de nombreux véhicules vont et viennent, s'arrêtent et repartent sans cesse sur la route à 200 mètres de chez moi. Je compte à ce moment une dizaine de voitures ou camionnettes. Les mouvements sont nombreux, certains de ces véhicules passent devant chez moi pour aller en direction de Bruniquel. Avec le voisinage, nous décidons de rester vigilants, et de guetter régulièrement l'évolution de la situation. J'entends des chiens, mais je ne peux à ce moment les localiser. Des alternances de bruit, et de moments plus calmes se succéderont . Vers 15 heures, à nouveau, l'agitation et le tumulte des chiens m'incitent à sortir à nouveau. Je retrouve dehors, par intermittence mes différents voisins, Mr B. P., Conseiller Municipal, Mme N. M., et également Pascal MILLOT, qui est en plein souci avec le suivi de sa plainte relative à la mise à mort du cerf le 11 Janvier dernier sur sa terrasse. Méfiants quant aux risques d'une nouvelle action de Chasse à Courre en plein hameau, nous sommes trois à avoir saisi nos appareils photos afin de rassembler des preuves, si besoin. Les chiens et les chevaux sont maintenant très nombreux dans la zone entre ma maison, mon pré, la ferme auberge et chez les R. (futures victimes en 02.2006 et 11.2007,ndlr). Les véhicules s'immobilisent plus nombreux. Et tous les participants focalisent leur regard en direction de Rascalat, dont d'ailleurs les propriétaires sont absents à ce moment. Je compte huit chevaux et cavaliers qui sortent et rentrent des deux chemins autour de mon terrain (chemin de Moncéré et chemin de Rascalat). Autour de 16 heures, les cris s'intensifient, et les chiens sont déchaînés, hurlants tous les trente de concert. La maison des R. est encerclée, c'est bien là que se situe l'action de chasse, des hommes courent avec des chiens sortis d'un nouveau camion arrêté, en direction de Rascalat. D'autres personnes, depuis la route donnent visiblement des ordres inverses de revenir, de tout arrêter. Les brebis de Mr C. affolées s'échappent vers la ferme-auberge. Je vois alors très distinctement un QUAD, seul Mr C. en a un, descendre depuis le haut des prés et aller à la rencontre des hommes en habits. La confusion règne à l'évidence, et la meute de chien hurle violemment. TRES SOUDAINEMENT, les cris cessent, les chiens cessent simultanément d'aboyer.

Puis peu à peu, vers 16 h 15 chiens et hommes, et les cavaliers remontent par les prés, exceptés deux cavaliers qui passent par le chemin, et me disent en me voyant photographier qu'ils n'ont rien à craindre. Les véhicules arrêtés au bord de la route déguerpissent à vive allure, la plupart en direction de la forêt. Seules quelques voitures immatriculées du 82 ou du 46 partent en passant devant ma maison. Un conducteur descendra, et me menacera avec mon ami MILLOT de « nous casser la gueule ». Aucun cerf à ce moment, ne sera remonté vers les véhicules, et aucun véhicule ne descendra à cette heure à Rascalat. Après les heures de tumulte bruyant, le silence est comme pesant. Ce bruit infernal et général s'est arrêté très brutalement, d'un coup. Choqué par la violence des faits, et l'insistance dont a fait preuve l'Equipage, je rédige sans plus tarder, sur les conseils de la Gendarmerie de garde, des lettres de témoignages que j'adresse par fax à la Gendarmerie Nationale de Cordes, à Madame le Procureur d'Albi, à la Fédération Départementale de Chasse, et à la Mairie de Larroque. Ce que je supposais dans l'après-midi s'avérera probable au bruit des voitures que j'ai entendu la nuit suivante.. C'est que l'animal a bel et bien été tué aux alentours de 16 heures, qu'il a été caché dans un fourré, puis que la nuit venue il a été récupéré en toute illégalité. De telles pratiques font régner la peur pour le voisinage. Et mes courriers étaient aussi un appel au secours, à l'aide.


Chasse à Courre en Forêt de Grésigne: 11 Janvier 2003, premier cerf tué sur la terrasse d'une habitation aux Abriols, LARROQUE, Tarn

11 Janvier 2003, premier cerf tué sur la terrasse d'une habitation aux Abriols, LARROQUE, Tarn