C.E.R.F. de Grésigne

Collectif d'Entraide des Riverains de la Forêt de Grésigne
DE LA CHASSE À COURRE AU CERF ET DU RESPECT DES RIVERAINS

Un grillage pour la chasse à courre près de Bagnoles de l'Orne

OUEST_FRANCE - Bagnoles-de-l'Orne. Faits de société mardi 21 septembre 2010

Près de Bagnoles-de-l’Orne, un grillage d’environ 2,5 mètres de haut est actuellement érigé le long de la route forestière de La Prise-Pontin, « pour permettre la poursuite de l’exercice de la chasse à courre sur le massif des Andaines », confie François Bland, directeur territorial de l’Office national des forêts (ONF) pour les régions Ile-de-France et Nord-Ouest.

archives STEPHANE GEUFROI

Près de Bagnoles-de-l’Orne, un différend de chasse à courre pousse l’Office national des forêts (ONF) à autoriser la mise en place d’un grillage autour d’une propriété privée. L’ouvrage est pris en charge par Patrick-Louis Vuitton. L'héritier de la maison de maroquinerie de luxe est à la tête de l’équipage de la Roirie, locataire de chasse du massif des Andaines depuis 2004. Le grillage doit empêcher les cerfs qui cherchent à échapper à la meute de chiens de se réfugier dans le seul étang du secteur situé dans une propriété privée de 182 ha. Une situation source de conflit avec le propriétaire des lieux.

Scènes de chasse et noms d'oiseaux (Le Monde 01/01/10)

Pour Patrick-Louis Vuitton, ce n'est qu'une péripétie amplifiée par le nom "magique" qu'il porte. Lundi 23 novembre, le descendant - "direct", précise-t-il - du maroquinier de luxe au célèbre monogramme a été condamné, ainsi que son maître de chasse à courre, par le tribunal de police de Domfront (Orne), à acquitter 1 300 euros d'amende. Pour "chasse sur le territoire d'autrui".

En 2008, M. Vuitton, à la tête de son équipage de la Roierie, a été pris à deux reprises en flagrant délit de poursuite de cerf sur la propriété privée de Laurence Dourdin, une enclave de 182 hectares dans la giboyeuse forêt domaniale des Andaines, dans l'Orne. Excédée par ces intrusions à répétition, la dame a déposé "une dizaine de plaintes", dont six seraient encore en suspens. Une "petite contrariété" dont M. Vuitton "rigole", puisqu'elle ne lui a "même pas" coûté son permis de chasse, souligne-t-il.

L'annuaire de la vénerie a des allures de Bottin mondain. Ses abonnés traquent le gibier à cheval, en livrée de couleur à boutons, et ils résolvent plus volontiers leurs différends dans les salons feutrés qu'en public. Mais dans cette terre de bois et d'étangs, la chasse - à courre comme à tir - est l'affaire de tous. L'homme, âgé de 58 ans et responsable du sur-mesure chez Vuitton, n'est jamais passé inaperçu dans la région.

Pour obtenir, en 2003, par adjudication, l'exclusivité des droits de chasse à courre au cerf sur les 5 370 hectares de la forêt domaniale des Andaines, tous les mercredis et samedis, de septembre à mars, jusqu'à la fin de 2015, il a mis le prix : 150 000 euros par an, sur douze ans, versés à l'Office national des forêts (ONF). Soit plus de quatre fois le tarif généralement pratiqué, selon les spécialistes. "Puisque c'est adjugé aux enchères publiques, il n'est pas interdit de les faire monter, estime M. Vuitton. Et puis tout le monde est ravi, cela met la forêt des Andaines en valeur."

L'ennui, c'est que même le plus coté des cerfs se moque comme d'une guigne du tracé cadastral. Et son instinct le conduit immanquablement vers l'eau pour tenter, en éliminant sa trace, d'échapper à la meute de Black and Tan, d'inépuisables chiens irlandais dressés à ne pas le confondre avec une vulgaire biche. Or les proies de M. Vuitton ont la fâcheuse manie de tenter d'égarer leurs poursuivants en se "rinçant" - comme on dit dans le jargon de la vénerie - dans l'étang situé sur la propriété des Dourdin.

M. Vuitton a bien tenté de "louer leur territoire", mais s'est fait éconduire. "Sans doute ne leur ai-je pas proposé suffisamment d'argent...", lance-t-il. Chasseuse à courre en son temps sur la propriété qui appartient à sa famille depuis la fin du XIXe siècle, Mme Dourdin, la soixantaine, n'est pas plus âpre au gain qu'elle n'est une égérie de la protection de la faune. C'est plutôt "le manque d'éthique" de M. Vuitton qui lui déplaît, dit-elle.

Le débat au tribunal de police paraîtra ésotérique au profane. Selon la plaignante, M. Vuitton use d'une pratique abolie depuis Louis XIV, le droit de suite, en se laissant aller à pister ses proies jusque sur des terrains privés... les siens. Le mis en cause, lui, réplique que la manoeuvre est légitime dès lors que le cerf est "aux abois". Selon M. Vuitton, le jugement repose sur une interprétation erronée de cette notion : "Quand le cerf est aux abois, j'en deviens propriétaire, donc responsable civil. Je dois alors le "servir" (l'achever) au plus vite."

Pour les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), assermentés, qui ont témoigné au procès, M. Vuitton et ses hommes ont poursuivi par deux fois leur chasse dans la propriété des Dourdin, pourtant clairement identifiée comme privée, alors que le cerf n'était pas aux abois. Or Mme Dourdin ne badine pas avec les traditions. Et elle apprécie d'autant moins que M. Vuitton s'en affranchisse qu'il se targue d'être "à cheval sur l'étiquette", qu'il n'aurait enfreinte qu'en ces deux occasions "en quarante-cinq ans de pratique". Clichés à l'appui, les Dourdin lui trouvent plutôt l'air d'un béotien lorsqu'il chasse à courre. Non content d'envoyer sa meute épuiser le gibier à la nage, M. Vuitton envoie des sbires en barque pour achever, à la dague, les cervidés qui n'ont plus pied - ou patte. L'embarcation serait même acheminée jusqu'à l'étang en 4 × 4...

Un sacrilège quand la vénerie préfère une mise à mort à terre, face à face. "Mais ça s'est toujours fait comme ça !", proteste M. Vuitton, qui jure ne terminer sa chasse par une pêche que dans les pièces d'eau dont il est propriétaire. Toujours selon les Dourdin, M. Vuitton et ses suiveurs motorisés useraient autant de CB et de gyrophares que du conventionnel "Taïaut !" : le cri indiquant que le cerf est en vue.

La juge a menacé de suspendre le permis de chasse de M. Vuitton à la prochaine incartade. Lui ne s'en "souvient plus". Comme il a oublié sa colère à l'issue de l'audience. Selon la presse locale, il avait alors menacé "d'aller chasser ailleurs", puisqu'il a "partout des terres", ajoutant qu'il priverait ainsi l'ONF de sa contribution annuelle de "150 000 euros, pour la protection de la nature et des animaux". "Tous ces gens inventent, dément-il. Je suis adjudicataire pour six ans encore en forêt des Andaines, et j'ai bien l'intention de continuer à y chasser. Cette affaire me coûte 1 300 euros : un pauvre PV." Sauf s'il remet les pieds chez les Dourdin. Ces derniers ont obtenu une interdiction formelle pour l'équipage de la Roierie - hommes et bêtes - de pénétrer chez eux sous peine d'une amende de 5 000 euros par infraction.

Patricia Jolly

La chasse à courre s'achève devant le supermarché (15/10/2008)

C’est la loi des séries. Hier après-midi, la chasse à courre s’est achevée en plein coeur de Lamorlaye, juste en face du supermarché Champion, le long de la D 1016. C’est effectivement le deuxième dérapage en dix jours, après celui d’Avilly-Saint-Léonard, où une bête traquée était même passée au milieu d’un match de football, avec aux trousses les chiens et un cavalier.

Lire la suite...

Fait divers. Une chasse à courre à Larroque se termine mal (sur le site La Depeche.fr 04/11/07)

3 NOVEMBRE 2007 3 nov

Poursuivi par 40 chiens, le cerf finit dans le salon.

L'histoire est tout à la fois dramatique et regrettable. Hier vers 13 heures, alors qu'elle venait de finir de manger, une famille de la commune de Larroque, au lieu dit Les Abriols, a vu un cerf débarquer dans sa maison, poursuivi par une meute de chiens. Appeurée, la bête sauvage a littéralement saccagé le salon avant que les chasseurs ne viennent l'abattre avec un couteau. Pierre, Patricia et leurs deux enfants n'ont pas été blessés. Mais ils ont eu très, très peur.

Sur place, les gendarmes de la brigade de Castelnau-de-Montmirail sont venus constater l'incident et entendre les dépositions. Dans la maison, on croirait au passage d'une tornade. La baie vitrée par laquelle le cerf a pénétré est complètement brisée. Des tessons de verres sont éparpillés dans toute la maison, des meubles sont renversés. Le sol est jonché de sang et de boue. Bien aidé de la quarantaine de chiens qui le poursuivaient, le cerf a littéralement retourné la maison. «Une scène d'horreur» «Nous savions que c'était une chasse à courre. Ce n'est pas la première fois que cela arrive ici», raconte Pierre, très ému. «Cela faisait plusieurs minutes que les aboiements se rapprochaient, jusqu'à ce que le cerf soit autour de la maison. Les enfants étaient effrayés. Nous ne savions pas quoi faire, c'était la panique complète. Puis le cerf est rentré, et tous les chiens avec lui. On est sortis, les enfants n'étaient plus là. C'était une scène d'horreur», raconte-t-il.

Dehors, deux membres de la chasse à courre en question attendent en costume traditionnel, le cor autour du cou, et le cheval à côté. Jacques, un des deux chasseurs, membre de l'association qui organisait l'événement, explique que «les suiveurs étaient venus rattraper les chiens, mais cela ne se fait pas en claquant des doigts. D'habitude nous essayons de ne pas sortir de la forêt». Patricia s'est approchée. Énervée, elle leur lance cette question: «Que faisiez-vous ici, avec 40 chiens, sur notre propriété?» «Il s'est passé quelque chose qui n'aurait pas dû arriver, c'est catastrophique», répond Jacques. «On ne devrait pas vous laisser chasser, vous jouez avec un boulet de canon que vous ne maîtrisez pas», lui rétorque-t-elle. Des plaintes sans suite

«Déposez-vous une plainte?», demande un gendarme à Patricia. «Oui, pour violation de propriété privée et pour mise en danger volontaire de la vie d'autrui», lui répond-elle. Cette plainte ne sera pas la première dans ce secteur. Par deux fois déjà, des événements similaires se sont produits. Mais les plaintes sont restées sans suite, au grand dam de la population. Une responsable de l'amicale de chasse de Larroque, présente sur place, explique que «la chasse à courre sur ce secteur doit suivre un protocole très sévère. Il n'est jamais respecté», précise-t-elle. «C'est la deuxième fois que cela nous arrive. À chaque fois, c'est plus grave. Jusqu'où faudra-t-il aller pour agir?», s'interroge Patricia. La question reste en suspens.

Publié le 04 novembre 2007 à 10h40 | Auteur : Jean-Baptiste Miquel nov 07