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A la suite d’accidents graves liés à la pratique de la chasse à courre au cerf survenus ces dernières années aux alentours de la forêt de Grésigne, nous avons créé l’association C.E.R.F. de Grésigne.

Nous ne sommes pas les « anti chasse, anti tout » comme certains voudraient le faire croire. Nombre de chasseurs et non chasseurs réunis composent cette association. Certains d’entre nous, non chasseurs, ont cédé leur droit de chasse à des amicales communales ou des sociétés privées, dans la compréhension commune que le gibier doit être régulé.

Les relations chasseurs-non chasseurs sont le plus souvent cordiales et respectueuses. Nous ne nous élevons donc contre aucune forme de chasse légale, nous ne nous élevons même pas contre la pratique de la chasse à courre en général, tant qu’elle respecte, elle aussi, les droits des riverains. Nous sommes pour le respect des droits et libertés de chacun dans la limite de ceux d’autrui.



Seulement voilà : dans la forêt de la Grésigne, le seul type de chasse qui a entrainé des atteintes aux droits fondamentaux des personnes depuis quasiment ses débuts dans les années 1980, c’est la chasse à courre au cerf. Les riverains, pour la défense desquels notre association s’est notamment constituée, ne dénoncent aucun problème avec les autres types de chasse à courre et chasse tout court.

Pourquoi alors ces problèmes avec la chasse à courre au cerf ? La forêt de Grésigne est de petite taille : 3500 hectares. Le cerf pourchassé par la meute d’au moins 40 chiens a vite fait de sortir du territoire d’adjudication pour se retrouver en terrains privés, sans crier gare. Dans de telles situations, la chasse doit normalement être interrompue par rappel des chiens. Ce n’est malheureusement pas ce qui se passe sur ce secteur géographique.

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Ainsi, plusieurs fois par an, des clôtures sont arrachées, des jardins piétinés, et des personnes mises en danger alors même qu’elles sont chez elles ! Tous les habitués de la chasse connaissent le danger que représente un cerf en détresse, la meute à ces trousses…Il est puissant, fonce, mu par son instinct de survie, vers des points d’eau, ou autres endroits-refuges contre lesquels il pourra s’adosser pour faire face aux chiens. Ces endroits-refuges, qui se referment sur eux comme de véritables pièges sont de plus en plus souvent les murs d’une maison habitée, voire l’intérieur même de la maison.

Ainsi, des familles sont soumises à vivre une véritable corrida chez elles, dans un vacarme épouvantable de hurlements de meutes et de veneurs. Au fil des années, nous assistons à une escalade dans la gravité des faits de chasse à courre au cerf. Par deux fois en un an et demi, une même famille a vu le cerf pénétrer dans sa maison et y être tué. La première fois, la mère n’a pu éviter le cerf que de quelques centimètres avant que ce dernier ne trouve refuge au fond de la pièce, où, bientôt rejoint par la meute et le veneur, il y fut tué.

La deuxième fois, la chasse s’est poursuivie pendant plus d’une heure autour de leur maison, avant que le cerf ne fracasse une baie vitrée, pénètre dans la maison aux pieds mêmes des enfants, avec les 40 chiens et certains veneurs, pour être finalement dagué dans la cuisine. Avant cela, c’est leur voisin, handicapé, qui avait dû supporter ce type de situation juste devant sa porte. Ce dernier cas est arrivé à plusieurs reprises autour de la forêt. Le problème de sécurité publique a été reconnu par autorité préfectorale. L’objet de notre association est donc la défense des droits fondamentaux des riverains, trop souvent mis à mal par ce seul type de chasse et par l’incompétence (ou l’irresponsabilité ?) des personnes qui la pratiquent sur notre secteur.



Derrière tout chasseur, il y a un être humain normalement doué de compréhension et de sensibilité. Comment dès lors pourrait-il cautionner les faits précédemment dénoncés ? A l’instar des chasseurs membres du C.E.R.F. ou signataires de notre pétition*, tout chasseur devrait s’élever contre ces faits. Ceux qui gardent le silence ne cautionnent-ils pas ces actes, commis par une infime minorité d’entre eux, actes qui nuisent grandement à l’image de la chasse en général et de l’ensemble des chasseurs?