Nous avons pris connaissance du projet de loi visant à interdire la chasse à courre, ainsi que de la réponse apportée par les instances nationales de la chasse. En ce qui nous concerne, nous n’avons jamais demandé l’interdiction de la pratique de la vénerie, mais uniquement qu’elle soit respectueuse des droits de tout un chacun.

Or, que constatons-nous ? Certes, l’Equipage de Grésigne se permet de pousser sa meute sur des territoires qui ne sont pas les siens, bafoue à qui mieux mieux les règles mêmes de la vénerie, en abandonnant sa meute, qu’il est incapable de contrôler, à la diligence des suiveurs, prétend ne jamais faire « acte de chasse » et, à nos plaintes, répond avec une arrogance digne d’une farce médiévale !

Mais ce n’est pas tout : au fil des temps, nous apprenons que l’Equipage de Grésigne, à qui l’autorisation de meute a été donnée par un préfet qui aurait dû savoir qu’il s’agissait d’une meute parfaitement hétérogène, incapable d’obéir, n’est pas le seul à être incapable de rester sur les territoires qui lui ont été alloués et que, un peu partout, en France, des « laisser courre » se terminent chez des particuliers, sur des terrains de foot municipaux, ou autres endroits les plus incongrus que l’on puisse imaginer.
Certes, la chasse à courre n’est plus l’apanage d’une aristocratie se revendiquant du droit de cuissage et piétinant les cultures pour assouvir son « bon plaisir », mais l’état d’esprit, lui, n’a pas changé.

Il est assez hallucinant de constater à quel point les amicales communales de chasse sont soumises à des règlementations de plus en plus pointilleuses (port obligatoire de gilets fluo, conditions drastiques d’hygiène pour le dépeçage du gibier, conditions d’assurances de plus en plus coûteuses), aussi vexatoires qu’onéreuses, et qui laissent clairement entrevoir que, loin de la « grande fraternité entre chasseurs » prônée par CPNT, c’est bien l’abolition des privilèges, décidée dans la nuit du 4 août 1789, qui est dans le collimateur !

En effet, comment comprendre que, à la moindre incartade, un paysan-chasseur, déjà sanctionné par son amicale communale, soit convoqué, sur plainte de sa Fédération Départementale, devant le tribunal correctionnel, et, bien souvent, le président de l’amicale itou, alors que des gens qui ne font que déshonorer la vénerie se lavent les mains de leurs turpitudes, sûrs de leur impunité ?

Pour ce qui nous concerne, nous ne sommes pas « anti-chasse », nous donnons nos terres aux chasseurs de nos villages lorsque nous en avons, certains d’entre nous, même, membres du bureau de leur amicale, sont amenés à siéger en Conseil de discipline et se montrent bien moins sévères que les chasseurs eux-mêmes.
Il n’en reste pas moins qu’ils voient venir une autre organisation de la chasse, dont les villageois seraient exclus au profit de citadins bourrés de fric qui rappliqueraient en jet privé sur des territoires dont le commun des mortels serait impuissant à les faire déguerpir, soutenus qu’ils seraient par d’autres « petits marquis » des bureaux parisiens.

C’est pourquoi nous en appelons à tous les citoyens soucieux du principe d’égalité devant la loi, soucieux de combattre la ploutocratie qui mine ce qui nous reste de démocratie, pour nous aider à faire comprendre à tous que l’histoire de l’humanité ne se résume pas dans l’histoire de la lutte des chasseurs contre les « anti-chasse », mais dans celle des gens modestes contre l’arrogance des nantis, chasseurs ou non, d’ailleurs…